atelier 2. Le renouvellement des générations dans la filière viande : comment encourager l’orientation et l’installation des jeunes vers les métiers de l’élevage et de la boucherie ?

L’état des lieux

Le périmètre et les enjeux

Du champ à l’assiette du consommateur, la filière viande regroupe un large panorama de professions : élevage (ovin, bovin, équin), métiers de l’industrie de la viande, métiers de la boucherie artisanale et de grandes et moyennes surfaces. Les débats et discussions des États Généraux ont mis en évidence les enjeux actuels et futurs de la filière. Les problématiques s’articulent principalement autour du renouvellement des générations d’éleveurs et de bouchers, l’objectif étant de favoriser l’installation d’exploitants et de commerçants, et plus généralement la création de vocations dans les métiers de la viande. D’autres enjeux sont logiquement liés à ces problématiques : la souveraineté alimentaire aux échelles nationale et européenne, l’emploi dans les territoires et le bilan du commerce extérieur.

Les problématiques qui ont émergé

La question du renouvellement de la profession a fait émerger plusieurs problématiques quant au défaut d’attractivité des métiers de la filière : un problème d’image et de notoriété, un manque de rentabilité à long terme, et une installation difficile et coûteuse pour les nouveaux exploitants.

Un problème d’image

On constate, avant même que n’intervienne la question de l’installation, un manque « d’appétence pour les métiers de la filière ». L’élevage et la boucherie, en particulier, souffrent d’un défaut de visibilité et d’une certaine méconnaissance de la part du public : « l’image est celle d’une production en crise et non rémunératrice ». De plus, la question de l’impact de la consommation de viande a largement dépassé le seul champ de l’alimentaire pour devenir « un sujet de société à part entière : la question du bien-être animal est un thème délicat surtout pour les jeunes générations ». Les conditions d’exercice sont également mises en causes : les emplois (tout du moins de l’élevage) sont souvent situés dans des territoires ruraux qui manquent d’attractivité pour les candidats, mais aussi pour leur conjoint(e).
Enfin, l’orientation des jeunes, dans le cadre de leur formation initiale, les conduit trop rarement à envisager des métiers du secteur de la viande. Et quand bien même ils les choisissent, « les formations agricoles abordent trop peu les métiers de l’élevage allaitant (ovin et bovin) ou de la commercialisation du bétail ».

Une rentabilité incertaine

Tous les maillons de la filière viande se caractérisent par des coûts de production et de matières premières élevés. Mais c’est plus généralement la nature même de ces emplois qui est mise en cause : charge de travail élevée, difficulté à trouver du personnel correctement formé (aux tâches de terrain, mais aussi à la gestion), ou encore pénibilité de métiers peu mécanisés et plus consommateurs de main d’œuvre.

Une installation difficile

La création de nouvelles exploitations pose elle aussi plusieurs problèmes. Elle nécessite avant tout un fort investissement initial, d’autant plus qu’il est plus difficile pour les éleveurs d’envisager leur installation sous forme associative.
Les candidats souffrent également d’un manque d’accompagnement. Les projets devraient être soumis à une meilleure expertise, plus adaptée à la réalité économique de la filière. Enfin, la formation professionnelle prépare mal les jeunes aux réalités de ces métiers.

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Une priorité : l’attractivité des métiers de l’élevage

L’inquiétude fondamentale qui ressort de ces débats en matière de renouvellement des générations concerne en premier lieu la production. L’ensemble des participants s’accordent sur la nécessité d’ériger comme une priorité l’attractivité des métiers de l’élevage. Premier maillon de la filière, la production de la viande occupe une place stratégique dans la chaîne, elle est l’élément essentiel et indispensable qui permet d’assurer la stabilité du reste de la filière. « Il faut sécuriser les approvisionnements et essayer de maintenir les niveaux de production. »
La question du renouvellement des générations d’éleveurs est d’autant plus pressante que leur âge en France est élevé : 51 % des éleveurs de bovins allaitants (représentant 42 % des vaches) et 58 % des éleveurs ovins (représentant 43 % des brebis) ont plus de 50 ans. En moyenne, 9 % des emplois de la filière seront à renouveler dans les 5 ans, avec des besoins élevés en personnel pour l’élevage de bovins allaitants, qui représente à lui seul 28 % de la main d’œuvre totale de la filière. En production ovine, ce sont 20 % des emplois qui seront à renouveler dans les 5 ans, et 25 à 40 % dans les 10 années à venir.

La demande mondiale en viande étant en progression, la préoccupation essentielle de la filière n’est donc pas celle du manque d’opportunités et de perspectives, mais celle des défauts structurels et du manque d’attractivité des métiers de l’élevage et de la viande en général.

Les emplois dans la filière viande et le besoin de renouvellement

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*Ovins : 20 000 éleveurs professionnels,
10 000 salariés d’après la FNO.
Renouveler 5 000 à 8 000 éleveurs dans les 10 ans. Chiffres clés IDELE 2012 : 23 022 exploitations ovines lait + viande en 2010

**Bovins : 60 000 éleveurs avec plus de 20 VA d’après la FNB. Renouveler 800 éleveurs par an.
Chiffres clés IDELE 2012 : 66 000 éleveurs ≥ 20 VA
***CFBCT = 20 000 boucheries + 20 000 conjointes + 33 000 salariés + 8 000 apprentis

****GMS = 1 800 hypers X 7 personnes+ 5 500 supers X 3 personnes = 29 100

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  • rey francis

    tant que les gouvernements successifs ne valoriseront pas le travail manuel et l’entreprise individuelle par un espoir de gains importants,et devant l’instabilité apparente et la morosité ambiante, les jeunes se detourneront des metiers manuels.
    et puis, si votre maitre à penser porte une chemise blanche et une cravate, vous aussi, vous voyez votre avenir avec une chemise blanche et une cravate….

  • UniVersBoucherie

    Bonjour a tous,
    Il nous faut innover et inventer les métiers de la filières viande de demain. (lien supprimé).
    Eric un boucher au service de son métier

  • L'Université des Viandes

    La rénovation de l’image de toute la filière des Viandes passe par la rénovation des ESPRITS qui la compose. L’Innovation et la Communication doivent coexister dans un secteur qui normalement à beaucoup d’atouts pour séduire des Jeunes ou des Adultes en reconversion.Ouvrir son ESPRIT c’est accepté de nouvelles approches dans le travail des VIANDES et également des méthodes de marketing qui tiennent comptes de l’évolution technologique de nos sociétés..Le secteur des VIANDES n’échappera pas à cette évolution, sinon il subira un sort contraire…mais nous pouvons relever ce Défi…Guy BRESCIANI Président Fondateur de L’Univsité des Viandes

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